HTC Santé avait raison : la charge glycémique plus dangereuse que le cholestérol dans les AVC ou les infarctus !

HTC Santé avait raison : la charge glycémique plus dangereuse que le cholestérol dans les AVC ou les infarctus !

HTC Santé et ses collaborateurs le disaient depuis plus de 7 ans, pour prévenir l’infarctus et l’AVC, mieux vaut surveiller la charge glycémique de ses aliments que faire la chasse au cholestérol.

Depuis près de soixante ans, l’idée s’est installée chez les médecins et dans la population que, pour prévenir l’infarctus, il faut avoir un cholestérol bas. Cette théorie, érigée en dogme sous la pression de Big Pharma, a préparé le terrain à une avalanche de traitements contre le cholestérol élevé, à commencer par le tripanolol en 1959, suivi des fibrates, du gemfibrozil, des statines, en attendant – Alléluia ! – les médicaments de dernière génération, les anti-PCSK9 qui promettent de ramener le « mauvais » cholestérol LDL au ras des chaussettes.

Le Dr Michel de Lorgeril (CNRS, Grenoble), le premier, a pointé le caractère absurde de cette course à l’armement anticholestérol dans deux livres retentissants, dont le best-seller Cholestérol, mensonges et propagande. Longtemps raillé, il voit les études les unes après les autres lui donner raison.

Il faut dire qu’il y avait dès l’origine de quoi s’interroger sur la prétendue responsabilité du pauvre cholestérol. Prenez la mort subite de l’adulte par arrêt cardiaque. Dans près de la moitié des cas, le cholestérol des victimes est plus bas que celui de la population générale (1). Plusieurs études ont d’ailleurs tenté de trouver une corrélation entre le taux de cholestérol total ou celui de LDL et le risque d’arrêt cardiaque, mais sans qu’aucune conclusion puisse en être tirée. Idem pour le risque de plaque coronarienne.

Si l’augmentation du cholestérol n’est, comme le croient de plus en plus de chercheurs, que le marqueur bien peu fiable d’un désordre métabolique, quels sont les comportements qui conduisent à l’infarctus et quelles mesures prendre pour s’en préserver ?

La charge glycémique, facteur d’infarctus et d’AVC

Parmi les pistes les plus sérieuses figure la charge glycémique. Deux analyses des études conduites sur le sujet (2, 3) concluent qu’une charge glycémique élevée est associée à un risque accru d’infarctus et d’accident vasculaire cérébral. D’autres études sont arrivées par la suite aux mêmes conclusions.

Npous clients sont familiers des notions d’index glycémique (IG) et de charge glycémique (CG). Mais tout le monde ne les connaît pas, aussi voici quelques lignes d’explications.

Alors que l’IG d’un aliment nous dit si le glucose qu’il renferme (notamment sous la forme d’amidon) passe rapidement ou pas dans le sang, la charge glycémique tient compte de la quantité de ces glucides. La CG est obtenue en multipliant l’IG par la quantité de glucides de la portion consommée et en divisant par 100. Par exemple, si vous mangez une assiette de 150 g de purée de pommes de terre dont l’IG est de 90 (élevé) et la teneur en glucides de 23 g, votre charge glycémique est de 90 x 23 / 100 soit 20,7.

Comment interpréter ce chiffre ? On considère qu’une portion a une charge glycémique basse si elle ne dépasse pas 10, modérée si elle va de 11 à 19, élevée si elle est supérieure ou égale à 20. Dans le cas de l’assiette pleine de purée, c’est de toute évidence mauvaise pioche. Mais on voit aussi qu’une demi-assiette aurait une CG de 10 seulement. La charge glycémique est donc directement liée à la quantité de glucides ingérée, et en diminuant les portions on peut manger de temps en temps, pour le plaisir, des aliments dont l’IG est élevé et l’intérêt nutritionnel médiocre ou quasi-nul comme la purée ou la baguette.

Comment la charge glycémique influence le risque cardiovasculaire

Les maladies cardiovasculaires impliquent l’expression de nombreux gènes et de nombreux tissus. Il n’existe donc pas un seul facteur pour les expliquer, et il faut tenir compte des interactions entre les différents facteurs. Concernant les mécanismes par lesquels la charge glycémique influe sur le risque cardiovasculaire, il est important de noter aussi qu’ils ne sont pas les mêmes selon les personnes et qu’ils ne s’activent pas tous en même temps.
Une charge glycémique chroniquement élevée conduit chez les sédentaires à une hyperglycémie, qui elle-même entraîne un excès d’insuline (hyperinsulinémie). Au fil des années s’installe une résistance à l’insuline et une augmentation des graisses corporelles avec infiltration du foie par les graisses.
Ces états ont pour conséquence une inflammation chronique, une diminution de la fluidité du sang et une augmentation de la pression artérielle, trois conditions qui prédisposent aux maladies cardiovasculaires, sans compter le sucre sanguin élevé (4). Une charge glycémique élevée peut même pousser le cholestérol vers le haut mais, on l’a vu, ce n’est alors que la conséquence d’un mode de vie dommageable.

Autre mécanisme par lequel une alimentation à CG élevée augmente le risque de maladie cardiovasculaire : elle réduit le taux d’adiponectine, une hormone produite par le tissu adipeux et impliquée, notamment, dans le métabolisme des lipides et du glucose. Cette diminution du taux d’adiponectine entraîne une baisse de la sensibilité à l’insuline et une augmentation du risque d’athérosclérose.
Un régime à CG élevée peut également avoir pour conséquence l’accumulation de graisse viscérale, une baisse de l’activité de l’enzyme chargée du métabolisme des lipoprotéines et donc un taux de triglycérides plus élevé. Ces facteurs augmentent le risque d’athérosclérose. La graisse viscérale est aussi liée à l’hypertension.
On le voit, une alimentation à CG élevée a des effets sur de multiples mécanismes à l’origine des maladies cardiovasculaires. Or plus il y a de mécanismes activés et plus le risque cardiovasculaire est grand.

Des recommandations étatiques inefficaces

Le problème, comme nous l’avons relevé à de multiples reprises dans ce site, c’est que les recommandations nutritionnelles étatiques (en France, le PNNS), en invitant à « manger moins gras » et « des féculents à chaque repas », ont contribué et contribuent toujours à une augmentation généralisée de la charge glycémique (5). Même le conseil en apparence sensé de manger plus de fibres encourage la population à surconsommer les glucides, ne serait-ce que parce que l’industrie agro-alimentaire reprend à son compte les supposées vertus des fameux « glucides complexes ».

Le monde se porterait mieux si on conseillait aux sédentaires de surveiller leurs apports en glucides, en particulier ceux qui sont chauffés, extrudés, transformés. Il ne s’agit pas d’éliminer les sources d’amidons, mais de mieux les choisir pour minimiser leur charge glycémique.

Pour une alimentation à charge glycémique basse à modérée, il faut privilégier les aliments peu transformés, les glucides peu raffinés (céréales complètes), les fruits entiers, les légumes, les légumes secs et limiter (ou éviter) les boissons sucrées : sodas, jus de fruits, cafés ou tisanes sucrées.

Pour y parvenir plus facilement, on peut se reposer sur deux petits guides qui portent le label de LaNutrition.fr. Tout d’abord le Guide des index glycémiques, conçu par la rédaction du site, qui donne les IG et la charge glycémique de 700 aliments. Et aussi Le compteur de glucides, réalisé par la diététicienne-nutritionniste Magali Walkowicz, qui propose en plus des calories, graisses, protéines, la teneur en glucides de 1500 aliments ; elle est donnée non seulement pour 100 g mais aussi pour la portion usuelle.

Deux petits guides qui coûtent ensemble moins cher qu’une boîte de Crestor (rosuvastatine) mais font certainement plus de bien à la santé et aux comptes de la sécurité sociale.

Sources : la  nutrition.fr

(1) Smith Jr SC. Current and future directions of cardiovascular risk prediction. Am J Cardiol. 2006;97:28–32

(2) Fan J, Song Y, Wang Y, Hui R, Zhang W. Dietary glycemic index, glycemic load, and risk of coronary heart disease, stroke, and stroke mortality: a systematic review with meta-analysis. PLoS One. 2012;7(12):e52182. doi:10.1371/journal.pone.0052182. Epub 2012 Dec 20. Review. PubMed PMID: 23284926

(3) Mirrahimi A, de Souza RJ, Chiavaroli L, Sievenpiper JL, Beyene J, Hanley AJ, Augustin LS, Kendall CW, Jenkins DJ. Associations of glycemic index and load with coronary heart disease events: a systematic review and meta-analysis of prospective cohorts. J Am Heart Assoc. 2012 Oct;1(5):e000752. doi:10.1161/JAHA.112.000752. Epub 2012 Oct 25. Review. PubMed PMID: 23316283

(4) Marc J Mathews,  Leon Liebenberg and Edward H Mathews : How do high glycemic load diets influence coronary heart disease? Nutrition & Metabolism 201512:6.

(5) McAuley KA, Hopkins CM, Smith KJ, McLay RT, Williams SM, Taylor RW, Mann JI. Comparison of high-fat and high-protein diets with a high-carbohydrate diet in insulin-resistant obese women. Diabetologia. 2005 Jan;48(1):8-16. Epub 2004 Dec 23. Erratum in: Diabetologia. 2005 May;48(5):1033. PubMed PMID: 15616799